Page:Abeille - Coriolan, 1676.djvu/74

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Et l’on redoublera ces injuſtes éclats,
Pour tenter contre moy la foy de nos ſoldats ?
Seigneur, j’ay promis Rome : & dés ce jour peut-eſtre
Si je ſuis maiſtre icy, je vous en feray maiſtre.
J’y vole : mais avant que de ſortir d’icy,
Du ſort de Virgilie il faut eſtre éclaircy.
Je veux la voir. Je veux qu’en rival magnanime
Tâchant par vos reſpects de gagner ſon eſtime,
Vous la laiſſiez en paix diſpoſer de ſon cœur
Pour celuy…



AUFIDE.

C’en eſt fait ; vous la verrez, Seigneur.
Je vous en donne icy ma parolle pour gage :
Mais voyez bien à quoy la voſtre vous engage.
Je conſens qu’elle foit arbitre entre nous deux ;
Qu’elle faſſe elle-meſme un choix ſelon ſes vœux.
Je vous promets de plus que ſans me plaindre d’elle,
J’en ſubiray la loy favorable ou cruelle ;
Vous de meſme ; & tous deux reünis pour jamais,
Amis non plus rivaux…



CORIOLAN.

Oüy, je vous le promets.
Accordez-moy ſa veuë, & je tiens ma promeſſe,
Duſſay-je à ſes dédains expoſer ma tendreſſe.
Pourveu que vous laiſſiez le choix en ſon pouvoir,
Je conſens…



AUFIDE.

C’eſt aſſez, Seigneur, vous l’allez voir.