Page:Abensour - Histoire générale du féminisme, 1921.djvu/320

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nouveaux, ceux-ci obtenus par la conversion pacifique des esprits, ceux-là dans les convulsions révolutionnaires.

Au cours de la guerre ; l’Indiana, le Michigan, l’Ohio dotent les femmes du suffrage. New-York, forteresse jusqu’ici de la réaction, agit de même en novembre 1917, et trois millions d’électrices nouvelles surgissent qui ; comme celles de l’Ouest, vont participer avec passion à la vie politique du pays. Dès la fin de 1916, une femme, miss Jeannette Renkins, est portée par ses concitoyennes du Montana au Sénat de Washington ; et cette même année 1916 qui la voit occuper son siège est marquée par l’entrée des femmes au Parlement canadien et au Congrès mexicain. Sur la jeune terre américaine, le droit féminin triomphe du pôle aux tropiques.

Au début de 1918, c’est la grande victoire des Anglaises. Encouragée par les dispositions bienveillantes de Grey, d’Asquith, de Lloyd George et de l’immense majorité de l’opinion, mistress Fawcet, vétéran des grandes luttes, a, une fois encore, repris la bannière et mené ses troupes au combat. Combat pénible encore, car on se heurte à l’hostilité non seulement des partis conservateurs, mais des femmes antisuffragistes qui, pour elles, ont le talent et l’autorité de mistress Humphry Ward.

En novembre 1917 est présenté au Parlement un projet gratifiant du droit électoral toutes les femmes au-dessus de trente ans, c’est-à-dire six millions d’Anglaises. La Chambre des communes vote ce projet à une grande majorité. À la Chambre des lords, malgré l’opposition persistante de quelques « conservateurs bornés », le projet passe également