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ACTE QUATRIÈME.

voir si elle n’a besoin de rien ; et à travers le trou de la serrure, je la vois à genoux, immobile et toute en larmes.


LE BARON, se levant.

Ah ! ah ! Et quand elle se croit seule avec Dieu, ne l’as-tu jamais entendue demander pardon de quelque chose ?


LÉONORA.

De quoi s’accuserait-elle, la pauvre brebis sans tache ?


LE BARON.

Et depuis quand les femmes de bien ferment-elles obstinément leurs portes à leurs maris ?


LÉONORA.

Dame, monsieur le baron, je ne sais pas. C’est peut-être depuis que les maris font couper des têtes devant leur palais.


LE BARON.

Assez ! Vous êtes une sotte et une impertinente. (On sonne.) Rentrez chez votre maîtresse qui vous appelle ; et, si le spectacle de demain lui donne trop sur les nerfs, faites appeler le docteur ! (Il sort par le fond. — Gaëtana entre par la gauche.)


Scène II.

LÉONORA, GAËTANA.



GAËTANA, pâle et affaiblie.

Tu es seule ? Avec qui parlais-tu ?


LÉONORA.

Avec M. le baron, madame. Il sort d’ici.


GAËTANA, se jetant dans un fauteuil.

Ah ! J’avais cru reconnaître la voix de M. Martinoli.


LÉONORA.

Est-ce que madame l’attendait ?


GAËTANA.

Oui, je lui avais écrit après le jugement, et j’espérais au moins une réponse…