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ACTE PREMIER.

de telle sorte que vous n’ayez jamais à vous venger de personne. Dieu ! que le mariage a des lois sévères ! Il ne faut qu’une parole, un sourire, un présent sans valeur pour condamner les femmes à la honte et les hommes à la mort ! Il n’y a donc pas de péchés véniels dans cette religion-là ?


LE BARON.

Non, car il n’y a pas de faveurs sans conséquences : une rose « de deux liards[1] » jetée à la tête d’un amoureux : peut l’enivrer pour toute la vie : elle peut donc empoisonner toute la vie d’un mari.


GAËTANA, épouvantée.

Vraiment ? une rose, dites-vous ?


LE BARON.

Je ne dis pas cela pour la rose que vous cachez.


GAËTANA.

Moi ! je ne la cache point.


LE BARON.

Jolie fleur ! Nous n’avons pas cette variété-là dans le jardin.


GAËTANA.

Pardonnez-moi : elle a été cueillie ici, et, si je ne me trompe, voici le rosier.


LE BARON.

En effet. Vous l’avez cueillie vous-même ?


GAËTANA, troublée.

Moi-même ? Oui, monsieur, moi-même.


LE BARON.

Alors, donnez-la moi ; vous me ferez plaisir.


GAËTANA.

Quelle singulière fantaisie !


LE BARON.

Vous tenez à celle-là ? Je respecte vos raisons. Soyez donc assez aimable pour m’en cueillir une autre !

  1. Coupé à la représentation.