Page:About - Le Roi des montagnes.djvu/83

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Charlemagne et Alfred le Grand étaient, dit-on, dans le même cas.

Tandis que les sous-secrétaires d’État s’occupaient à transcrire sa correspondance du jour pour la déposer aux archives, il donna audience aux officiers subalternes qui étaient revenus avec leurs détachements dans la journée. Chacun de ses hommes s’asseyait devant lui, le saluait en appuyant la main droite sur le cœur et faisait son rapport en peu de mots, avec une concision respectueuse. Je vous jure que saint Louis, sous son chêne, n’inspirait pas une vénération plus profonde aux habitants de Vincennes.

Le premier qui se présenta fut un petit homme de mauvaise mine ; vraie figure de Cour d’assises. C’était un insulaire de Corfou, poursuivi pour quelques incendies : il avait été le bienvenu, et ses talents l’avaient fait monter en grade. Mais son chef et ses soldats le tenaient en médiocre estime. On le soupçonnait de détourner à son profit une partie du butin. Or, le Roi était intraitable sur le chapitre de la probité. Lorsqu’il prenait un homme en faute, il l’expulsait ignominieusement et lui disait avec une ironie accablante : « Va te faire magistrat ! »

Hadgi-Stavros demanda au Corfiote : « Qu’as-tu fait ?

— Je me suis rendu, avec mes quinze hommes, au ravin des Hirondelles, sur la route de Thèbes. J’ai rencontré un détachement de la ligne : vingt-cinq soldats.

— Où sont leurs fusils ?

— Je les leur ai laissés. Tous fusils à piston qui ne nous auraient pas servi, faute de capsules.

— Bon. Ensuite ?