Page:About - Le Roi des montagnes.djvu/92

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Je répondis au Roi : « J’accepte ton hospitalité, mais à une condition.

— Laquelle ?

— Tu me rendras ma boîte.

— Eh bien, soit ! mais à une condition aussi.

— Voyons !

— Vous me direz à quoi elle vous sert.

— Qu’à cela ne tienne ! Elle me sert à loger les plantes que je recueille.

— Et pourquoi cherchez-vous des plantes ? Pour les vendre ?

— Fi donc ! Je ne suis pas un marchand ; je suis un savant. »

Il me tendit la main et me dit avec une joie visible : « J’en suis charmé. La science est une belle chose. Nos aïeux étaient savants ; nos petits-fils le seront peut-être. Quant à nous, le temps nous a manqué. Les savants sont très estimés dans votre pays ?

— Infiniment.

— On leur donne de belles places ?

— Quelquefois.

— On les paye bien ?

— Assez.

— On leur attache de petits rubans sur là poitrine ?

— De temps en temps.

— Est-il vrai que les villes se disputent qui les aura ?

— Cela est vrai en Allemagne.

— Et qu’on regarde leur mort comme une calamité publique ?

— Assurément.

— Ce que vous dites me fait plaisir. Ainsi vous n’avez pas à vous plaindre de vos concitoyens ?