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LUC
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acceptée de Luc, cette mission peut-être impossible pour tout autre qu’un prêtre ! L’abbé Vincent tourne son chapelet dans une main refermée, son chapeau sous le bras ; de l’autre, il essuie son vieux front tout blanc, lia chaud, chaud ; il est si vieux, si vieux !… Quelle folie aussi d’aller à pied, mais il va plus vite, croit-il, pour sûr il va plus vite, malgré le soleil accablant de juillet… Il l’aimait tant son petit Luc !…

Et Lucet doucement se meurt…

— … Mon Dieu !… mon Dieu… ayez pitié de mon petit Luc le pauvre enfant… le pauvre chérubin… est-ce possible, Seigneur !…

L’abbé Vincent parle tout haut, tout seul, entre ses Ave et ses Pater… Il ne sait pas si bien dire : « Chérubin !… » Quelle évocation ce nom, ces noms, ces choses, ces riens qui nous broient le cœur, nous broient les yeux et nous font regretter encore de ne pouvoir pleurer davantage notre vie, notre sang, pour leur douceur envolée…

On fit tout de suite passer la carte de l’abbé Vincent à Julien. Rien n’est encore terminé. Jeannine supporte vaillamment les souffrances et c’est l’affaire de quelques minutes peut-être…

Le vicaire exténué est de suite introduit auprès de Julien :

— Monsieur, vous connaissez Luc Aubry… le pauvre enfant est mourant… Il a fait appela mon saint ministère et considère comme une charité… comme une charité, Monsieur, la visite suprême qu’il ose attendre de vous… Il vous supplie de venir… il vous en supplie, Monsieur…

Le prêtre attend, anxieux. Julien reçoit comme un

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