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LA QUESTION D’ALSACE

le doit à son passé, à l’histoire de ses villes libres qui se gouvernaient elles-mêmes à la façon de petites Républiques ; il le doit à l’union intime de l’Alsace et de la France, que noua dans l’enthousiasme l’aurore de 1789 et que scella le sang de tant d’Alsaciens répandu sur les champs de bataille. M. Fritz Kiener, professeur agrégé à l’Université de Strasbourg, a montré, dans une remarquable étude sur la bourgeoisie alsacienne, combien la fraction la plus vivante et la plus nombreuse de cette bourgeoisie était, par sympathie à la cause républicaine, unie de cœur et d’âme à la France. Napoléon Ier, les Bourbons, Louis-Philippe, Napoléon III avaient succédé les uns aux autres ; le drapeau tricolore avait alterné avec la bannière aux fleurs de lis, mais le nom de liberté restait invinciblement vivant dans les âmes. En face de l’Allemand, l’Alsacien représente la foi dans l’égalité, la haine de l’arbitraire, la conscience de la dignité individuelle. Si l’armée française a été si populaire en Alsace, et si l’Alsace a été