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LA QUESTION D’ALSACE

de l’Alsace reconnaissante envers la France et qu’il blâme le régime d’oppression que tant d’autres Allemands préconisent pour la germaniser.

M. Wittich voit bien comment les grandes guerres nationales de la Révolution et de l’Empire ont amené à son complet développement le patriotisme français des Alsaciens ; mais, ironiquement, il ne voit pas que l’inauguration du Haut-Kœnigsbourg restauré ou le raid aérien du Zeppelin au-dessus de Strasbourg puisse produire sur l’esprit alsacien une impression comparable à la prise de la Bastille ou aux victoires des armées républicaines et impériales. Il demande donc qu’au lieu de toujours traiter l’Alsace comme un glacis, on lui accorde un régime de tolérance et de liberté : vouloir imposer à un peuple une culture dont il ne veut pas est aussi impossible que de lui imposer une foi religieuse qui répugne à ses sentiments intimes. « Peut-être, dit-il, un jour viendra où, la guerre éclatant, le patriotisme allemand