Page:Acker - Les Exilés, 1911.djvu/16

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— Je m’arrête dans les villes… j’y dîne, j’y couche…

— Nous gagnerons le duché de Bade par l’Alsace, poursuivit Mme Aubray…

— Par ton pays, interrompit Michel en donnant à Claude une bourrade amicale.

— En effet, par mon pays, répéta Claude machinalement.

— Ah ! c’est vrai, c’est votre pays, prononça Mme Aubray — et aussitôt une idée jaillit dans son esprit. — Eh bien, accompagnez-nous. Et qu’Henriette aussi nous accompagne. Ça n’est pas gai de voyager seule, tout un mois, avec son mari… Vous acceptez, monsieur Héring ?… Comment, vous vous taisez ?… Enfin, vous êtes Alsacien !… vous ne seriez pas enchanté de revoir votre pays ?

Il hocha la tête et garda le silence.

— Et vous, Henriette, est-ce que vous refusez ?

— Non ; seulement, je vous quitterai en Alsace.

— En Alsace ! pourquoi cela ?

— Parce que j’y séjournerai tout l’été.

— Et où donc ?