Page:Acker - Les Exilés, 1911.djvu/19

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— Une rivière, un vieux clocher, un champ… au bout de quinze jours… Enfin, c’est entendu ; vous partez avec nous. Seulement, à Colmar, nous vous laisserons notre itinéraire ; de cette façon, quand vous en aurez assez — ce qui ne tardera pas, — vous pourrez nous rejoindre. Michel, Colmar, est-ce sur notre chemin ?

— Oui, puisque nous passons par Fribourg-en-Brisgau.

Mme Aubray secoua la cendre de sa cigarette.

— Oh ! moi, la géographie !

Le musicien avait fini, et, après un salut, s’éloignait. L’orchestre entama un air anglais ; dans le jardin, toutes les tables étaient occupées.

Alors vous êtes né à Colmar, monsieur Héring ? interrogea Mme Dolnay.

— Mais oui, quatre ans après la guerre, chez ma grand’mère, où ma mère était venue accoucher, tandis que mon père, qui avait opté, restait en France… À ma troisième année, ma nourrice m’a emmené à Paris.

— Vous y retourniez tous les ans, en Alsace ?