Page:Acker - Les Exilés, 1911.djvu/21

La bibliothèque libre.
Sauter à la navigation Sauter à la recherche
Le texte de cette page a été corrigé et est conforme au fac-similé.


— Eh bien, acquiesça-t-il — et l’on devinait qu’il craignait de paraître se déterminer trop vite, sur le conseil de Mme Dolnay — je serai du voyage.

— Vous parlez allemand ? demanda Mme Aubray.

— Oui, très bien.

— À merveille ; ni Michel ni moi n’en possédons un traître mot. Et puis, vous aimez les arts ; vous nous montrerez les musées. Et puis vous êtes savant ! Vous êtes professeur à l’École des sciences politiques ! De quoi, à propos, êtes-vous donc professeur ?

— Jeanne, Jeanne, se récria M. Aubray, tu es insupportable.

— Chère madame, répondit Claude amusé, je professe un cours sur l’évolution de l’esprit public en Allemagne de 1815 à 1848 : une leçon par semaine, durant le premier semestre. Il est bien naturel qu’une jolie femme l’ignore.

Mme Aubray, un peu dépitée, s’attaqua à son mari.

— Vous l’ignoriez aussi, vous ; ce n’est pas la peine de vous moquer.

— Moi, déclara-t-il en levant les bras,