Page:Adam (Lamber) – Païenne, 1883.djvu/28

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Je comprends aujourd’hui son intolérance. De telles opinions si farouches ne lui étaient pas venues sans cause et sans épreuves.

Il adorait ma mère, belle entre les femmes ; il avait la passion du bonheur. Ma mère détestait les joies de la vie, préférant la béatitude à l’amour. Malgré la tendresse d’un mari, ou plutôt d’un amant, elle se jeta pour ainsi dire dans la mort, égarée par une pieuse folie, attirée par le vertige de l’immortalité de l’âme.

J’avais trois ans à la mort de ma mère. Je ne revis pas mon père durant une année. Il voyageait, cherchant l’oubli qu’il trouva dans le plaisir.

En son absence, on essaya de me distraire avec des jouets sans cesse nouveaux qu’il m’envoyait. Lorsqu’il revint, je lui demandai la seule chose qui m’eût manqué,