Page:Adam (Lamber) – Païenne, 1883.djvu/89

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Imaginez une avenue faite de cyprès et de saules. Les cyprès aux flancs arrondis, parsemés de pommes roussies et rugueuses, s’avancent dans l’allée et mordent sur l’horizon. Leurs masses épaisses, protectrices et lourdes, servent de barrière au mistral.

De l’autre côté de l’avenue, les saules, pénétrés par la lumière, détachés sur le bleu, courbés, flexibles, étendent leurs branches allongées ou traînantes ; leurs feuilles si fines, d’un vert pâle, tremblent au plus léger souffle de la brise.

Sur les saules, des oiseaux voltigent sans se poser, tandis que, dans les cyprès touffus, la troupe entière d’alentour habite, crie, chante, s’agite, au milieu des arbres paisibles.

Si j’étais pinson, ou rouge-gorge, ou chardonneret, ou fauvette, moi aussi je