Page:Adam - La mésaventure, La Revue indépendante, Juin 1888.djvu/1

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LA MÉSAVENTURE

I


Dépouillée soudain des nues orageuses, la lune, de sa pure clarté, glace les dunes, les conques des vagues annonciatrices, les terrasses musicales du Casino, enfin se mire au lisse visage de la vierge qui, seule sur le plus haut belvédère, dresse son indécis corsage de pourpre et d’or vert dans la sérénité nocturne.

La valse, en bas, ne cesse ; et les spirales des ondes sonores rident l’air, convolent, s’atténuent en plus larges cercles qui virent et montent à l’Astre.

Un prétendant manqué ! Oh, ni éperons, ni moustaches impérieuses, ni ces doigts à bagues héraldiques qu’arbore le soupirant des Rêves, pas plus que de rouges lèvres disertes à murmurer les choses des troubadours. Cependant il était de prestance, sa barbe brésilienne semblait suffisamment représentative. On dit de très certaines rentes sur eaux sulfureuses qui, chaque trimestre, naviguent à lui d’Outre-Atlantique.

En somme, voilà bien le dixième mot dur qu’elle lui signifiait ainsi, l’éventail un peu levé sur ses lèvres méchamment