Page:Adam - Mémoires des hommes du temps présent, paru dans Le Figaro, 10 septembre 1893.djvu/11

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Je m’approchai, elle ne se leva point. D’un geste lent elle me montra le siège où je devais m’asseoir, tout près de la table. Ses grands yeux doux m’enveloppaient, m’attiraient. Mon émotion allait croissant.

Je fis un grand effort pour la saluer d’un mot. Je ne trouvai rien. Mon cœur se gonfla plus fort.

Elle alluma sa cigarette et commença à la fumer. Elle aussi paraissait faire un effort pour me parler, mais pas plus que moi, elle ne trouvait quelque chose à dire.

Je ne sus que plus tard combien elle était timide vis-a-vis de ceux qu’elle voyait pour la première fois.

Alors moi, me sentant idiote, ne pouvant plus contenir mon émotion, je fondis en larmes.