Page:Adam - Mémoires des hommes du temps présent, paru dans Le Figaro, 10 septembre 1893.djvu/14

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» La bonté qui doit être une vertu clairvoyante et pondérée était en moi un élan tumultueux, torrentiel qui n’aspirait qu’à se répandre. Sitôt qu’on m’inspirait une grande pitié, on me possédait.

» Je me précipitais sur l’occasion d’être bienfaisante avec un aveuglement qui me faisait le plus souvent provoquer le mal. Quand je m’examine, je vois que les deux seules passions de ma vie ont été la maternité, l’amitié.

» J’ai accepté l’amour qui s’offrait, sans le chercher, sans le choisir et aussi lui ai-je apporté, en ai-je exigé tout autre chose que ce qu’il pouvait me donner. J’aurais pu trouver des amis, des fils dans ceux qui ont obtenu de moi l’amour.