Page:Adolphe Orain - Contes du Pays Gallo.djvu/106

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— Prends ce bijou, lui dit-elle, et rends-toi dans la forêt voisine. Tu y trouveras un vieux château en ruines. Cherche la plus petite des pièces de cette habitation. Écarte les ronces et les plantes grimpantes qui en tapissent les murs, et tu ne tarderas pas à découvrir une porte ornée d’une serrure d’un travail remarquable. Ta clef, seule au monde peut y entrer. Tu ouvriras cette porte, et un escalier sombre s’offrira à ta vue. Descends-le sans crainte, il te conduira dans un souterrain où sont cachés des immenses trésors. Ces richesses m’appartiennent, et je te permets d’y puiser à pleines mains. Seulement j’y mets une condition : c’est que tu ne révèleras leur existence à personne.

— Sois sans inquiétude, dit le pêcheur, je me donnerai bien garde d’en parler à âme qui vive.

— Tant mieux pour toi, car autrement tu redeviendrais aussi pauvre qu’aujourd’hui.

Après cette conversation, l’anguille se glissa entre les roseaux et disparut dans la vase.