Page:Adolphe Orain - Contes du Pays Gallo.djvu/111

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« Enfin, si tu enfouis ma tête et mes os dans la cour de ta maison, il en jaillira une fontaine, qui donnera naissance à un ruisseau d’eau limpide. Tant que tes enfants seront heureux, cette eau restera claire ; mais s’il leur arrive malheur et surtout s’ils sont en danger de mort, l’eau deviendra trouble aussitôt. »

Épuisé par ces paroles, le brochet expira sur la rive et le pêcheur se dit :

« Ma foi, nous allons, ma bonne femme et moi, nous régaler avec ce poisson, afin de voir si ce qu’il dit se réalise. »

Le brochet fut donc mangé en famille. L’eau qui servit à le faire cuire fut donnée à la jument, les entrailles à la chienne, et la tête et les arêtes furent enterrées dans la cour.


IV

Dans l’année qui suivit ce repas, la femme du pêcheur eut un fils, qui vint au monde avec une étoile au front, la jument eut un poulain, marqué d’une étoile blanche