Page:Adolphe Orain - Contes du Pays Gallo.djvu/134

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II

On eut pu croire, vraiment, qu’il suffisait d’une victime pour calmer la fureur des flots, car presque aussitôt l’orage cessa.

La petite barque, abandonnée à elle-même, vogua longtemps à l’aventure dans toutes les directions, et enfin fut entraînée vers des rivages lointains.

À son réveil, Yvonne se trouva mollement couchée sur un gazon émaillé de fleurs. Une vieille femme d’une taille gigantesque, était assise à ses côtés et l’examinait attentivement. L’enfant ferma les yeux pour ne pas la voir, tant elle lui faisait peur.

L’étrangère, tout en s’extasiant sur la beauté de la fillette, marmottait tout bas :

« Pauvre petite ! elle n’a pas eu de chance de venir échouer dans cette île, où l’ogre, mon mari, voudra sans doute s’offrir un mets aussi délicat. Mais je saurai bien lui conserver la vie, afin de l’unir à notre fils lorsqu’elle sera en âge de se ma-