Page:Adolphe Orain - Contes du Pays Gallo.djvu/201

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Il se releva aussitôt, courut après le promeneur, et, du plus loin qu’il le vit, lui cria : « Monsieur ! Monsieur ! Vous avez dit vrai, je suis tombé, donc vous êtes un devin ! aussi, dites-moi, je vous prie, quand je mourrai ? »

L’habitant de la ville ne douta pas qu’il eût affaire à un pauvre d’esprit et, pour s’en amuser, il répondit :

— Tu mourras quand ton âne aura pété trois fois.

— Ô ciel ! dit le villageois, qui connaissait les défauts de sa bourrique, je n’ai plus grand temps à vivre.

À partir de ce moment, il fit tout ce qui dépendait de lui pour ne pas échauffer sa bête, il la mit à la diète, et évita de lui donner des aliments qui auraient pu provoquer ce qu’il redoutait, maintenant, le plus au monde.

Malgré cela, l’âne fit un bruit qui désespéra son maître.

Celui-ci redoubla de soins, mais il eut beau faire, la bête fit une seconde incongruité plus éclatante que la première.