Page:Adolphe Orain - Contes du Pays Gallo.djvu/200

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LE PET DE L’ÂNE


Un promeneur, à travers la campagne, aperçut un paysan en train d’émonder un chêne. Remarquant qu’il était assis sur la branche qu’il coupait, il lui dit :

— Mon ami, avant cinq minutes, tu tomberas par terre.

L’homme se contenta de hausser les épaules, et continua de frapper le bois de sa cognée.

Lorsque la branche se détacha de l’arbre, le paysan la suivit dans sa chute, mais heureusement ne se fit pas de contusions graves.

« Comment ! pensa-t-il en lui-même, voilà un étranger qui m’a prévenu que j’allais tomber de cet arbre, avant que cinq minutes ne se soient écoulées et, en effet, me voilà par terre. À coup sûr, c’est un devin ! »