Page:Adolphe Orain - Contes du Pays Gallo.djvu/279

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Craignant cependant d’être malade en en mangeant trop, il finit par jurer : « Que le diable m’emporte si j’en mange encore ! »

Au même instant une belle prune lui tomba sur l’épaule, elle était si appétissante qu’elle disparut dans son goulet.

« Cette fois c’est fini, s’écria-t-il, que le diable m’emporte si j’en mange une autre. »

Un fruit, encore plus luisant et plus beau que le précédent, vint choir entre ses jambes, et le tenta tellement qu’il l’envoya rejoindre son camarade.

Soudain, entendant du bruit derrière lui, le tailleur tourna la tête et vit le diable qui s’avançait en lui montrant un sac dans lequel il lui faisait signe d’entrer.

Rudecônes fit semblant de ne pas comprendre, mais Satan le saisit par une oreille, en disant : « Compère, tu m’appartiens, n’as-tu pas juré que le diable m’emporte, si je mange une prune, et tu en as mangé deux. »

Malgré les cris et la résistance du pauvre homme, le diable le fourra dans son sac qu’il chargea sur ses épaules.