Page:Adolphe de Coston - Étymologies des noms de lieu de la Drôme.djvu/29

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Le nom de La Baume parait être le seul qui dérive de celui des grottes ou cavernes. Roget de Belloguet (t. Ier, p. 140) et Diefenbach[1] croient le mot Baume d’origine celtique, ce qui est très-probable , bien que je ne l’aie pas retrouvé dans les idiomes néo-celtiques. Balma, en b. l. veut dire tombeau, caverne (balme, baulme, basme, barme, baume, dans les idiomes de diverses provinces). Le nom de Baume est commun à divers villages de la Drôme ; la Baume-Cornillane, près de Chabeuil, Castrum Balmæ en 1157, Cornillana en 1305, doit cette espèce d’épithète à la famille de Cornillan, connue depuis 1128, tombée en quenouille dans une branche de la maison d’Urre, à laquelle ont succédé peu après les des Alrics de Cornillan, marquis de Rousset (XVIe siècle). Les Cornillan, oubliés aujourd’hui, ont possédé plusieurs fiefs et contracté de belles alliances ; leurs armes parlantes, trois corneilles, font supposer qu’ils ont emprunté leur nom à cet oiseau, comme l’a fait un des ancêtres de l’auteur du Cid. Le fief de La Baume appartenait en 1157 à l’évêque, en 1374 aux Poitiers, et en 1766 aux d’Agoult.

La Baume d’Hostun, Parrochia Balme Hosteduni en 1496, a appartenu aux La Baume, aux Claveyson et aux marquis de Sassenage. La Baume de Transit, dont les premières habitations ont dû être creusées dans des bancs de molasse, comme à Barry et à Cabrières, s’appelait, dans le XIIIe siècle, Castrum de Balmis et de Balmâ. Le mot Transit a été ajouté, soit à cause de la position de ce village sur la route de Saint-Paul à Valréas, soit à cause d’un péage ou d’un bureau de douane. Ce fief a appartenu aux d’Agoult, à Diane de Poitiers et aux Simiane. Les noms de lieu Baume et Baumette sont communs dans la Drôme, l’Ardèche et Vaucluse ; on peut citer aussi plusieurs familles de La Baume, notamment les Rocher ou Rochier de La Baume, venus de l’Ardèche dans la Drôme. M. le comte de Rochier de La Baume a été autorisé, en 1866, à ajouter à ses noms ceux de son grand-père maternel, le marquis Du Puy Montbrun Rochefort, ce qui constitue presque un résumé des noms mentionnés dans ce paragraphe.

  1. Die alten Volker Europas, p. 239.