Page:Adolphe de Coston - Étymologies des noms de lieu de la Drôme.djvu/30

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Beaufort, près Grest, Castrum Belli fortis en 1334, ancien fief des d’Arbalestier (XVIIe siècle), appartenait, en 1789, aux Clerc de La Devèze. Ce nom est à peu près synonyme de celui de Beaumont, Castrum Belli Montis, commun à trois villages de la Drôme. Le fief de Beaumont, près Valence, a appartenu aux d’Urre, aux Chastelier et au chapitre de Valence (XVe siècle), et Beaumont-Monteux aux anciens seigneurs de Clérieu, aux Dauphins et aux Lacroix de Saint-Vallier. Les noms analogues sont Beauregard, de Bello Regardo en 1300 ; Beausemblant, près Sainl-Vallier, de Bello Simili en 1419, dans le sens de bel aspect, belle vue. Ce fief passa par succession des anciens Beausemblant aux Alets et plus tard (XVe siècle) aux Montchenu, qui le vendirent en 1656, pour 84 mille livres, aux Sibeud de Lesches. Vers 1815, le père de M. le sénateur comte Monier de La Sizeranne acquit le château de Beausemblant de la dernière marquise Sibeud de Beausemblant, qui n’avait que deux filles, Mesdames de Vogué et de Leusse.

On peut citer encore Mirabel, près Crest, Mirabellum en 1178 et en 1355, donné à l’évêque de Die par Frédéric Ier, en 1178 ; ce fief passa plus tard aux Mirabel , qui avaient des armes presque parlantes (trois miroirs) ; voir le § V, vo Blacons ; Mirabel, près Nyons, qui dépendait en 1766 du domaine du Roi ; Miribel, au nord de Romans, Miribellum en 1134, Mirabellum en 1526, ancien fief des Poitiers ; Montmirail, près Miribel, Mons Miratus ou Mirati dans les XIer et XVer siècles, érigé en 1710 en marquisat, avec six autres villages, en faveur des Mistral, auxquels succédèrent les Marcieu. On aperçoit de très-loin la tour qui domine Montmirail. Ces noms, comme Mirabeau, Miramont, Miramar, sur les bords de la mer, ont pour racine mira, point de vue, coup d’œil, guérite, tour d’où l’on observe, en b. l. ; mirari, mirer, regarder, en l. (V. Mirmande).

Le nom de Bénivay ou Bénivay le Vieux, près du Buis, situé sur le flanc d’une montagne et près d’un torrent et de plusieurs cours d’eau, était Locus de Bennivayo, en 1317. Ce fief et celui de Mérindol appartenaient, en 1766, au duc de Montpezat. Bénivay veut dire montagne du torrent ou du cours d’eau, ou bien ruisseau de la montagne, comme Rimont et Rumont ; sa composition