Page:Adrienne Durville, Carnet de guerre 1914-1918 n°3.pdf/37

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Soins toute la matinée ; déjeuner chez les Ihler qui n’ont pas voulu nous laisser seules aujourd’hui ; repas exquis, copieux et merveilleusement arrosé. Au dessert, nous apercevons dans l’air un avion allemand qui reste immobile pendant plusieurs minutes ; il ne se décide à partir à toute vitesse qu’après s’être vu pourchasser par un aéro français ; on croit qu’il aura eu le temps de photographier notre gros canon de 240.

Dans l’après-midi, raout musical avec le concours de nos soldats. Comte chante d’une façon exquise ; presque tous y vont de leur monologue ou de leur chanson. C’est très gentil, et ils ont tous l’air ravi.

Visite du Gal Lecomte qui apporte ses vœux ; il est fort triste de sa journée passée loin des siens ; dîner assommant avec toute la bande ; j’ai la grippe et me couche de bonne heure.

Samedi 2 janvier

Grippe et rhume ; soins toute la matinée pendant que Julie et Renée sont chez Landouzy. Nous apprenons la mort d’un des fils du Gal Lecomte tué le 27 près d’Arras. Renée va vite le voir et revient dans l’admiration devant un tel courage malgré cet immense