Page:Agoult - Histoire de la révolution de 1848, tome 2.djvu/558

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Mais sachons nous-mêmes réclamer constamment toutes les conséquences de ces principes.

Demandons que tous les Français soient déclarés FRÈRES, égaux en devoirs et en droits sans aucune espèce de privilége, tous membres de la garde nationale, tous électeurs et éligibles à toutes les fonctions publiques sans aucune vile condition d’argent.

Demandons le droit naturel et imprescriptible d’association, de réunion et de discussion ; la liberté individuelle, sans l’arbitraire d’aucun homme, la liberté de la presse, sans entraves, sans cautionnement ni timbre.

Demandons surtout la garantie de tous les droits et de tous les intérêts des travailleurs la reconnaissance formelle du droit de vivre en travaillant, afin que le père de famille ne soit plus réduit à l’affreuse nécessité d’abandonner sa femme et ses enfants pour aller mourir en combattant.

Demandons l’organisation du travail et l’assurance du bien-être par le travail.

Demandons la suppression de tous les impôts sur les objets de première nécessité.

Demandons l’abolition des humiliantes vexations et iniques institutions de la douane et de l’octroi.

Demandons, pour le peuple, l’instruction générale, gratuite, commune, réelle et complète.

Demandons des institutions et des garanties pour le bonheur des FEMMES et des ENFANTS, pour que chacun ait la possibilité de se marier, avec la certitude de pouvoir élever sa famille et la rendre heureuse.

Fidèles à nos principes de fraternité, d’humanité et de modération, de justice et de raison, crions toujours et partout : Point de vengeance ! point de désordres, point de violences, point d’oppression pour personne ! Mais fermeté, clairvoyance et prudence, afin d’obtenir justice pour tous !

Point d’atteinte à la propriété ! mais inébranlable persévérance à demander tous les moyens que peut accepter la justice pour supprimer la MISÈRE notamment en adoptant un système démocratique d’inégalité successivement décroissante, et d’égalité successivement croissante.

Gardons-nous de demander l’application immédiate de nos doctrines communistes. Nous avons toujours dit que nous ne voulons leur triomphe que par la discussion, par la conviction, par la puissance de l’opinion publique, par le consentement individuel et par la volonté nationale : restons, fidèles à nos paroles.

Mais beaucoup d’entre nous ont acquis de leur sang le droit d’association, de réunion et de discussion publique ; ayons donc aussi l’inébranlable constance de réclamer ces droits ; et l’expérience, jointe à la discussion, suffira pour persuader et pour convaincre que notre système d’organisation sociale et politique est le seul remède à la