Page:Agoult - Histoire des commencements de la république des Pays-Bas - 1581-1625.djvu/32

La bibliothèque libre.
Sauter à la navigation Sauter à la recherche
Le texte de cette page a été corrigé et est conforme au fac-similé.


saient leurs magistrats, pourvoyaient à leur sûreté par des milices urbaines et tenaient des cours de justice.

II arriva également, presque dès l’origine, que les bourgeois se divisèrent, selon leur profession ou leur métier, en corporations, gilden, qui s’assemblaient à leur plaisir au son du beffroi, choisissaient leurs chefs et marchaient armées sous leur propre bannière. Ces corporations, qui tenaient leurs immunités du gouvernement municipal, à mesure qu’elles grandissaient en nombre et en richesse et s’immisçaient davantage dans les affaires publiques, entraient en lutte avec lui. De leur coté, les conseillers, échevins, sénateurs ou régents des villes, qui, dans les commencements, avaient été élus par la commune tout entière et qui tenaient du comte leurs privilèges, travaillaient à se rendre de plus en plus indépendants, tout a la fois du commun peuple et du prince, et à se constituer, par une élection faite entre eux, en oligarchie. Quant aux tenants du sol dans les domaines des seigneurs, leur condition, très-inférieure à celle des habitants des villes, était cependant rendue tolérable par le droit traditionnel d’avoir des armes[1] et par la faciiité de se retirer dans l’enceinte des cités, où ils trouvaient aide et protection contre la tyrannie des nobles et du clergé. Ces luttes diverses entre des pouvoirs divers dans chaque ville ; les lois et les coutumes variant de ville à

  1. Sous les anciens Francs ou Frisons, tout citoyen libre était soldat.