Page:Agoult - Histoire des commencements de la république des Pays-Bas - 1581-1625.djvu/33

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ville, de province à province ; les garanties assurées par ces lois à la liberté et à la sécurité des citoyens ; la publicité des débats judiciaires ; la défense d’office des accusés pauvres ; l’extrême soin d’écarter des emplois les étrangers ( et l’on entendait par là les habitants d’une ville ou d’une province voisine) l’élection des magistratures ; et partout, dans le nom même des offices et des hautes dignités, la notion de conseiller, d’avocat, de défenseur des gouvernés, au lieu de la notion de bon plaisir des gouvernants[1] ; les ligues fréquentes des villes entre elles pour tenir tête aux prétentions des souverains : toutes ces choses favorables à l’indépendance de l’individu et de la commune forment les assises, les lignes principales du développement historique de la Hollande. Les assemblées d’état achèvent de lui donner ce caractère essentiellement républicain, plus ou moins mêlé, selon les temps et les lieux, d’éléments aristocratiques ou populaires, qu’elle n’a jamais perdu, alors même qu’elle s’est rangée, par l’hérédité du stadhoudérat, puis par l’établissement de la royauté, sous l’institution monarchique.

On n’est d’accord ni sur la date première ni sur le mode de convocation de ces assemblées, dont la vague tradition remonte, dans les Pays-Bas comme chez toutes les nations germaniques, aux premières lueurs

  1. Le mot ruwaerd, par exemple, qui désignait une des plus hautes dignités de l’État, vient de rustebewaerder, « gardien du repos public. » L’amiral général s’appela longtemps « premier serviteur de l’Ëtat, » staatsdienaar.