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L’ÉCLAIREUR.

traints, à leur tour, de se défendre contre des ennemis invisibles.

— Nous arrivons ? cria une voix vibrante dont l’accent énergique fit tressaillir les assaillants, tenez bon ! tenez bon !

Don Miguel répondit par un hurlement terrible et se rejeta au milieu de la mêlée avec un redoublement d’efforts. Maintenant il n’était plus seul, il se savait soutenu, il se croyait sauvé.

La foule oscilla dans l’ombre comme les blés mûrs sous la faux du moissonneur, la masse compacte des assaillants se fendit en deux parts, trois hommes, trois démons, se précipitèrent au milieu de la trouée qu’ils avaient faite, et leurs chevaux vinrent en bondissant se ranger aux côtés de celui de l’aventurier.

— Ah ! ah ! s’écria celui-ci avec un éclat de rire railleur, la lutte est égale maintenant ; en avant, compagnons, en avant !

Et il se rejeta dans la mêlée, suivi de ces intrépides auxiliaires.

Qui étaient ces hommes ? d’où venaient-ils ? il ne le savait pas et ne songeait pas à le demander. D’ailleurs, ce n’était pas le moment des explications, il fallait vaincre ou mourir.

— Tuez-le ! tuez-le ! hurlait un homme qui, à chaque minute, se précipitait sur lui le sabre haut, avec toute la féroce ardeur d’une haine invétérée.

— Oh ! c’est donc vous, don Stefano Cohecho, s’écria don Miguel, je savais bien que nous nous rencontrerions, votre voix vous a dénoncé.

— À mort ! à mort ! répondit celui-ci.

Les deux hommes se jetèrent à corps perdus l’un sur l’autre, les chevaux se heurtèrent avec une force terrible l’homme que l’aventurier prenait pour don Stefano roula sur le sol.