Page:Aimard - L’Éclaireur, 1860.djvu/186

La bibliothèque libre.
Sauter à la navigation Sauter à la recherche
Cette page n’a pas encore été corrigée
176
L’ÉCLAIREUR.

Les branches du taillis auprès duquel étaient réunis nos personnages s’écartèrent alors brusquement, et deux hommes parurent.

— Ils firent quelques pas en avant, appuyèrent à terre le canon de leur riffle, et attendirent.

— Qui êtes-vous ? demanda don Mariano.

— Chasseurs.

— Votre nom ?

— Bon-Affût.

— Et vous ?

— Balle-Franche. Depuis une demi-heure environ, nous sommes embusqués derrière ce taillis, nous avons entendu tout ce que vous avez dit, il est donc inutile de revenir sur l’exposé que vous avez fait, seulement il est un autre homme qui doit assister au jugement de cet individu.

— Un autre homme ? et qui donc ?

— Celui qu’il a traîtreusement attaqué, que vous avez sorti de ses mains et que nous avons sauvé, nous autres.

— Mais cet homme, qui sait où il se trouve maintenant ?

— Nous, dit Bon-Affût, nous qui l’avons quitté il y a une heure à peine pour nous mettre sur votre piste.

— Oh ! s’il en est ainsi, vous avez raison ; il faut que cet homme vienne.

— Malheureusement il est assez gravement blessé ; mais s’il ne peut venir, il se fera porter, et je ne sais pourquoi, mais il me semble que non-seulement sa présence est nécessaire parmi nous, mais encore qu’elle est indispensable pour l’éclaircissement de certains faits qu’il est de notre devoir de dévoiler.

— Que voulez-vous dire ?

— Patience, caballero, bientôt vous nous comprendrez ; le campement de cet homme n’est pas éloigné, il peut être ici avant le coucher du soleil.