Page:Aimard - La Loi de Lynch, 1859.djvu/112

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membres de votre nation, pour vous emparer de mes amis et de moi ?

— Telle était, en effet, mon intention lorsque, il y a quelques jours, j’ai quitté mon village ; mais mon cœur est changé depuis que mon frère m’a sauvé la vie ; il a pu s’en apercevoir déjà, si je suis venu jusqu’ici, ce n’est pas pour le combattre, mais pour le sauver, lui et les siens ; que mon frère ait donc confiance dans mes paroles, ma tribu lui obéira comme à moi-même.

Valentin réfléchit un instant, puis il reprit la parole en regardant fixement le chef :

— Et que demande le Chat-Noir en retour de l’aide qu’il veut bien me donner ?

— Rien. Le chasseur pâle est mon frère ; si nous réussissons, il agira à sa guise.

— Allons, allons, tout est pour le mieux, fit le Français en se tournant vers la jeune fille ; je m’étais trompé, madame ; veuillez agréer mes excuses.

La Gazelle blanche rougit de bonheur à ces nobles paroles.

— Ainsi, reprit Valentin en s’adressant au chef indien, je puis entièrement disposer de vos jeunes gens ?

— Entièrement.

— Ils me seront dévoués ?

— Je vous l’ai dit, comme à moi-même.

— Bon ! fit le chasseur dont le visage s’éclaira. Combien avez-vous de guerriers ?

Le Chat-Noir montra dix fois les doigts de ses deux mains ouvertes.

— Cent ? fit Valentin.

— Oui, reprit le chef, et huit de plus.