Page:Aimard - La Loi de Lynch, 1859.djvu/113

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— Mais les autres tribus sont beaucoup plus nombreuses que la vôtre ?

— Elles forment une troupe de guerriers vingt-deux fois et sept fois plus nombreuse que la mienne.

— Hum ! c’est beaucoup, sans compter les pirates.

— Ooah ! il y a trois fois les doigts de mes deux mains de longs-couteaux de l’est.

— Je crains, observa don Pablo, que nous finissions par être accablés par tant d’ennemis.

— Peut-être ! répondit Valentin, qui réfléchissait. Où est le Cèdre-Rouge ?

— Le Cèdre-Rouge est avec ses frères les demi-sang des prairies ; ils se sont joints au détachement de Stanapat.

En ce moment le cri de guerre des Apaches résonna avec force dans la plaine.

Une puissante détonation se fît entendre, et la colline du Bison-Fou apparut ceinte, comme un nouveau Sinaï, d’une auréole de fumée et d’éclairs éblouissants.

La bataille était commencée.

Les Indiens montaient bravement à l’assaut. Les Apaches marchaient vers la colline en déchargeant continuellement leurs fusils et en lançant des flèches à leurs invisibles ennemis.

De l’endroit où la chaîne de collines touche le Gila, on voyait sans cesse arriver de nouveaux Apaches.

Ils venaient au galop par troupes de trois, jusqu’à vingt hommes à la fois. Leurs chevaux étaient couverts d’écume, ce qui faisait présumer qu’ils avaient fourni une longue traite.

Les Apaches étaient en grand costume, chargés de toutes sortes d’ornements et d’armes, l’arc et le car-