Page:Aimard - La Loi de Lynch, 1859.djvu/119

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avaient faites pendant l’attaque, se retireraient, sans nul doute, et laisseraient les blancs régler entre eux le différend qui les divisait, sans se mêler davantage à la querelle.

Quant au Cèdre-Rouge, sa troupe était presque anéantie ou dispersée ; seul, blessé gravement, il n’était plus à craindre.

La prise de cet homme, réduit à errer comme une bête fauve dans la prairie, ne devenait plus qu’une question de temps.

Stanapat, lui aussi, avait échappé avec quelques-uns de ses guerriers sans que nul pût savoir quelle direction il avait prise.

Les trois troupes réunies campèrent sur le champ de bataille.

Selon leur coutume, les Indiens s’occupèrent d’abord à scalper les cadavres de leurs ennemis.

Chose singulière ! les vainqueurs n’avaient pas fait de prisonniers : le combat avait été si acharné que chacun n’avait cherché qu’à tuer son ennemi sans songer à s’emparer de sa personne.

Le corps de Moukapec fut relevé avec respect et enterré sur la colline du Bison-Fou, à côté du chef redoutable qui avait le premier choisi cette sépulture.

Le soleil se couchait au moment où les derniers devoirs finissaient d’être rendus aux guerriers comanches et coras qui avaient succombé.

Les feux de conseil furent allumés.

Lorsque chacun eut pris place, que les calumets eurent fait le tour du cercle, Valentin se leva :

— Chefs, dit-il, mes amis et moi nous vous remercions de vos généreux efforts en cherchant à délivrer les prairies du Far West du bandit qui les a si