Page:Aimard - La Loi de Lynch, 1859.djvu/118

La bibliothèque libre.
Sauter à la navigation Sauter à la recherche
Le texte de cette page a été corrigé et est conforme au fac-similé.


Celui-ci lâcha les rênes et tomba aux côtés de l’Indien.

— Je meurs vengé ! murmura la Plume-d’Aigle en se tordant dans une dernière convulsion.

— Oh ! je ne suis pas mort encore, moi ! répondit le Cèdre-Rouge en se redressant sur un genou et brisant le crâne du Coras, j’échapperai quand même.

Le Cèdre-Rouge avait l’épaule brisée ; cependant, grâce au secours de ses compagnons, qui ne reculaient pas d’un pouce, il put se remettre sur son cheval.

Nathan et Sutter l’attachèrent après la selle.

— En retraite ! en retraite ! cria-t-il, ou nous sommes perdus ! Sauve qui peut, chacun pour soi !

Les pirates lui obéirent et se mirent à fuir dans différentes directions, suivis de près par les Coras et les Comanches.

Cependant ils parvinrent à gagner, les uns une forêt vierge au milieu de laquelle ils disparurent, les autres la rivière, qu’ils traversèrent à la nage.

Le Cèdre-Rouge fut des premiers. Valentin et ses amis, dès qu’ils avaient vu l’issue de la bataille, grâce au secours qui leur était si heureusement arrivé, avaient en toute hâte abandonné la colline du Bison-Fou, et étaient descendus dans la plaine dans l’intention de s’emparer du Cèdre-Rouge.

Malheureusement ils ne purent arriver que pour le voir disparaître dans le lointain.

Cependant le succès inespéré du combat leur avait rendu un immense service, non-seulement en les sortant de la fausse position dans laquelle ils se trouvaient, mais encore en rompant la ligne des tribus indiennes qui, altérées par les pertes énormes qu’elles