Page:Aimard - La Loi de Lynch, 1859.djvu/13

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L’intelligent animal semblait comprendre les paroles que lui adressait son maître, il allongeait vers lui sa tête fine qu’il frottait contre sa poitrine.

— Bien, bien, Negro, à bientôt.

L’inconnu prit alors aux arçons, deux pistolets qu’il passa à sa ceinture, jeta sa carabine sur son épaule et s’éloigna à grands pas dans la direction de la rivière.

Il s’enfonça sans hésiter, dans les buissons qui bordaient la rivière, écartant avec soin les branches qui, à chaque pas, lui barraient le passage.

Arrivé sur le bord de l’eau, il s’arrêta un instant, pencha le corps en avant, sembla écouter, puis se redressa en murmurant.

— Personne, allons.

Alors il s’engagea sur un fourré de lianes entrelacées qui s’étendaient d’une rive à l’autre et formaient un pont naturel sur la rivière.

Ce pont si léger en apparence, était solide, et malgré le mouvement de va-et-vient continuel que lui imprimait la marche du voyageur, celui-ci le franchit en quelques secondes.

À peine avait-il atteint l’autre bord, qu’une jeune fille sortit d’un bouquet d’arbres qui la cachait.

— Enfin, dit-elle en accourant vers lui, oh ! j’avais peur que vous ne vinssiez pas, don Pablo.

— Ellen ! répondit le jeune homme en mettant son âme dans ses yeux, la mort seule pouvait m’arrêter.

Ce voyageur était don Pablo de Zarate, la jeune fille, Ellen, la fille du Cèdre-Rouge [1].

— Venez, fit-elle.

  1. Voir le Chercheur de pistes et les Pirates des prairies.