Page:Aimard - La Loi de Lynch, 1859.djvu/157

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devoir et l’intérêt me le commanderaient. Et le second, pouvez-vous aussi me révéler son nom ?

— Sans doute, d’autant plus que déjà vous le connaissez ; le second, c’est le Blood’s Son.

Valentin fit un mouvement de surprise qu’il réprima aussitôt.

— Pardonnez-moi, madame, dit-il gracieusement ; mais vous avez réellement le privilège de me faire tomber dans une suite d’étonnements incroyables.

— Comment cela, caballero ?

— Parce que, pardonnez-moi, parce que je croyais que le Blood’s Son était au contraire un de vos ennemis les plus acharnés.

— Il l’a été, fit-elle avec un sourire.

— Et maintenant ?

— Maintenant c’est mon ami le plus cher.

— Voilà qui me passe ! Et depuis quand ce changement extraordinaire s’est-il opéré ?

— Depuis, répondit finement la jeune fille, que le Cèdre-Rouge, au lieu d’être mon ami, est devenu subitement mon ennemi.

Valentin laissa tomber les bras avec le geste d’un homme qui renonce à chercher le mot d’un problème insoluble.

— Je ne comprends pas, dit-il.

— Bientôt vous me comprendrez, dit-elle.

D’un bond elle se mit en selle, et se penchant vers Valentin :

— Adieu, caballero, reprit–elle ; je pars pour rejoindre le Blood’s Son ; bientôt nous nous reverrons, adieu !

Elle enfonça les éperons dans les flancs de sa monture, agita une dernière fois la main en signe d’adieu,