Page:Aimard - La Loi de Lynch, 1859.djvu/169

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du bien et du mal, je croyais que tous les hommes étaient méchants, et je n’agissais comme je le faisais que parce que je me croyais comme en état de légitime défense.

— Maintenant votre oreille s’est ouverte à la vérité, votre esprit commence à comprendre les sublimes préceptes de l’Évangile, votre route est toute tracée ; désormais vous n’avez plus qu’à persévérer dans la voie dans laquelle vous vous êtes si franchement engagé.

— Hélas ! murmura le squatter avec un soupir, je suis une créature si indigne de pardon que je crains que le Tout-Puissant ne me prenne pas en pitié.

— Ces paroles sont une offense à la Divinité, dit sévèrement le prêtre ; quelque coupable que soit le pécheur, il ne doit jamais désespérer de la clémence divine ; l’Évangile ne dit-il pas : Il y aura plus de joie dans le ciel pour un pécheur qui se sera repenti, que pour dix justes qui auront persévéré ?

— Excusez-moi, mon père.

— Voyons, reprit le missionnaire en changeant de ton, revenons à ce qui m’amène auprès de vous. Je vous ai fait construire à quelques lieues d’ici, dans une situation délicieuse, un jacal où vous pourrez habiter avec votre fille.

— Que vous êtes bon, mon père ! dit avec effusion le squatter, combien je vous dois de reconnaissance !

— Ne parlons pas de cela, je serai assez récompensé si je vous vois persévérer dans votre repentir.

— Oh ! mon père, croyez bien que je déteste et que j’ai horreur de ma vie passée.

— Je désire qu’il en soit toujours ainsi. Ce jacal, auquel je vous conduirai aussitôt que vous le désire-