Page:Aimard - La Loi de Lynch, 1859.djvu/170

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rez, est situé dans une position qui le rend presque impossible à découvrir ; je l’ai muni moi-même des objets et des ustensiles nécessaires à votre existence ; vous trouverez de la nourriture pour quelques jours, des armes et de la poudre pour vous défendre si vous étiez attaqué par les bêtes féroces et vous livrer à la chasse. J’ai ajouté des filets, des trappes à castor, enfin toutes les choses nécessaires à un trappeur et à un chasseur.

— Oh ! que vous êtes bon, mon père ! dit Ellen avec des larmes de joie dans les yeux.

— Bah ! bah ! ne parlons pas de cela, reprit gaiement le missionnaire, je n’ai fait que mon devoir ; du reste, pour plus de sûreté et afin d’éviter toute espèce d’indiscrétion, je n’ai voulu indiquer le secret de votre retraite à personne ; le jacal a été construit par moi seul sans aide étrangère. Vous pouvez donc être certain que nul ne viendra vous troubler dans votre ermitage.

— Et quand pourrai-je me rendre au jacal, mon père ?

— Lorsque vous le désirerez ; tout est prêt.

— Ah ! si je ne craignais de vous paraître ingrat, je vous dirais tout de suite, mon père.

— Croyez-vous vos forces assez revenues pour faire un voyage d’une quinzaine de lieues ?

— Je me sens une force extraordinaire en ce moment, mon père.

— Venez donc alors ; car, si vous ne m’aviez vous-même fait cette proposition, j’avais l’intention de vous la faire moi-même.

— De sorte que tout est pour le mieux, n’est-ce pas ? et que vous n’êtes pas peiné de me voir met-