Page:Aimard - La Loi de Lynch, 1859.djvu/17

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Le jeune homme prononça ces paroles, l’œil étincelant, la voix brève et saccadée, en homme dont la résolution est immuable.

Ellen baissa la tête, deux larmes coulèrent lentement le long de ses joues pâlies.

— Vous pleurez ! s’écria-t-il, mon Dieu ! me serais-je trompé, ne m’aimeriez-vous pas ?

— Si je vous aime, don Pablo ! répondit-elle d’une voix profonde, oui, je vous aime plus que moi-même ; mais, hélas ! cet amour causera notre perte, une barrière infranchissable nous sépare.

— Peut-être ! s’écria-t-il avec élan ; non, Ellen, vous vous trompez, vous n’êtes pas, vous ne pouvez pas être la fille du Cèdre-Rouge. Oh ! ce coffret, ce coffret maudit, je donnerais la moitié du temps que Dieu m’accordera encore à vivre pour le retrouver. C’est dans ce coffret, j’en suis certain, que se trouvent les preuves que je cherche.

— Pourquoi nous bercer d’un fol espoir, don Pablo ? Moi-même j’ai cru trop légèrement à des paroles sans suite prononcées par le squatter et sa femme ; mes souvenirs d’enfance m’ont trompée, hélas ! cela n’est que trop certain ; j’en suis convaincue maintenant ; tout me le prouve : je suis bien réellement la fille de cet homme.

Don Pablo frappa du pied avec colère.

— Allons donc ! s’écria-t-il, cela est impossible, le vautour ne fait pas son nid avec la colombe, les démons ne peuvent enfanter avec des anges ! Non ! ce scélérat n’est pas votre père !… Écoutez, Ellen ; je n’ai aucune preuve de ce que j’avance ; tout semble, au contraire, me prouver que j’ai tort ; les apparences sont entièrement contre moi ; eh bien ! tout fou que