Page:Aimard - La Loi de Lynch, 1859.djvu/189

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faudrait pour revenir à la grotte, les incidents qui pourraient les retarder, faisant enfin les mille suppositions auxquelles se livrent les gens qui attendent impatiemment une chose qu’ils désirent avec ardeur.

Deux jours s’écoulèrent sans qu’aucun des courriers ne reparût.

La pauvre mère, assise sur un quartier de roc, les yeux fixés sur la plaine, attendait toujours, immobile et infatigable.

Vers le soir du troisième jour, elle aperçut à une grande distance un point noir qui se rapprochait rapidement de l’endroit où elle se tenait.

Peu à peu, ce point devint plus distinct ; elle reconnut alors un cavalier qui galopait à toute bride du côté du défilé.

Le cœur de la mère battait à se rompre dans sa poitrine.

Cet homme était évidemment un des courriers du missionnaire ; mais de quelles nouvelles était-il porteur ?

Enfin, l’Indien entra dans le défilé, mit pied à terre et commença à gravir la montagne.

La vieille femme sembla retrouver les jambes de sa jeunesse, tant elle s’élança rapidement vers lui, et franchit en peu d’instants la distance qui le séparait d’elle.

Mais lorsqu’ils furent face à face, un autre obstacle se dressa devant elle.

Le Peau-Rouge ne comprenait et ne parlait pas un mot de français ; elle, de son côté, ne savait pas une parole indienne.

Mais il existe pour les mères une espèce de lan-