Page:Aimard - La Loi de Lynch, 1859.djvu/190

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gage à part, franc-maçonnerie du cœur, qui se comprend dans tous les pays.

Le guerrier comanche s’arrêta devant elle, croisa les bras sur sa poitrine et la salua avec un doux sourire en prononçant ce seul mot :

— Koutonepi.

La mère de Valentin savait que c’était ainsi que les Indiens avaient l’habitude de nommer son fils.

Elle se sentit soudainement rassurée par le sourire de cet homme et la façon dont il avait prononcé le nom de son fils.

Elle prit le bras du guerrier et l’entraîna dans la grotte, à l’endroit où se tenait le père Séraphin occupé à lire son bréviaire.

— Eh bien, lui demanda-t-il en l’apercevant, quelles nouvelles ?

— Cet homme n’a rien pu m’apprendre, répondit-elle, je ne comprends pas son langage ; mais quelque chose me dit qu’il est chargé de bonnes nouvelles.

— Si vous le permettez, je l’interrogerai.

— Faites, faites ; j’ai hâte de savoir à quoi m’en tenir.

Le missionnaire se tourna vers l’Indien immobile à quelques pas, et qui avait écouté impassible le peu de mots prononcés entre les interlocuteurs.

— Mon frère l’Araignée a le front couvert de sueur, dit-il ; qu’il prenne place à mes côtés et se repose ; sa course a été longue.

L’Indien sourit gravement en saluant respectueusement le missionnaire.

— L’Araignée est un chef dans sa tribu, dit-il de sa voix gutturale et mélodieuse ; il sait bondir comme le jaguar et ramper comme le serpent ; rien ne le fatigue.