Page:Aimard - La Loi de Lynch, 1859.djvu/202

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de l’âme, les divers incidents de leur existence pendant cette si longue séparation.

Cependant, quelques instants avant le lever du soleil, Valentin exigea que sa mère prît du repos.

Il craignait qu’à son âge avancé, après les émotions poignantes de la journée, une veille aussi prolongée ne fût nuisible à sa santé.

Après plusieurs difficultés. Mme Guillois se rendit enfin aux observations de son fils et se retira dans un compartiment éloigné de la grotte.

Dès que Valentin crut sa mère endormie, il pria, d’un geste, ses amis, de s’asseoir auprès de lui.

Ceux-ci, soupçonnant qu’il avait une communication grave à leur faire, obéirent silencieusement.

Valentin se promenait de long en large dans la grotte, les bras derrière le dos, les sourcils froncés.

— Caballeros, dit-il d’une voix sévère, le jour va paraître, il est trop tard pour qu’aucun de vous songe à dormir, soyez donc assez bons pour m’aider de vos conseils.

— Parlez, mon ami, répondit le père Séraphin, vous savez que nous vous sommes dévoués.

— Je le sais, et vous plus que tout autre, mon père, dit-il ; aussi vous garderai-je une éternelle reconnaissance pour le service immense que vous m’avez rendu ; vous savez que je n’oublie rien ; le moment venu de m’acquitter envers vous, je saurai, soyez-en convaincu, vous payer ma dette.

— Ne parlez pas de cela, mon ami, je connaissais le violent désir que vous aviez de revoir votre mère, l’inquiétude qui vous tourmentait au sujet de cette cruelle séparation ; je n’ai agi que comme tout autre l’eût fait à ma place ; ainsi brisons, je vous en supplie,