Page:Aimard - La Loi de Lynch, 1859.djvu/207

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Le Français se frappa le front avec un mouvement de joie.

— C’est vrai, s’écria-t-il, à quoi pensé-je donc ? Ma foi, chef, vous êtes notre Providence ; rien ne vous échappe.

— Mon frère est content ? demanda le chef avec joie.

Valentin lui serra les mains avec effusion.

— Chef, vous êtes la plus excellente créature que je connaisse, s’écria-t-il ; je vous remercie du fond du cœur ; du reste, entre nous, nous n’avons plus rien à nous dire ; nous nous comprenons, n’est-ce pas ?

L’ulmen araucan répondit chaleureusement à l’étreinte de son ami, et se rassit en murmurant ce seul mot qui résumait toutes ses impressions :

— Bon !

Cependant les autres personnages avaient assisté à cette scène sans la deviner. Bien que depuis assez longtemps ils vécussent dans la société de l’Aucas, ils n’avaient pas encore pu s’habituer à son mutisme et comprendre ses réticences ; ils attendaient donc avec anxiété que Valentin leur donnât l’explication des quelques mots qu’il avait échangés avec son ami.

— Le chef, dit vivement Valentin, a trouvé d’un seul coup ce que nous nous creusons la tête à chercher vainement.

— Comment cela ? Expliquez-vous, demanda don Miguel.

— Comment, vous ne comprenez pas ?

— Ma foi non.

— C’est cependant bien simple : j’ai été adopté depuis longtemps déjà par la nation des Comanches ; je fais partie de la tribu de l’Unicorne ; ce chef ne re-