Page:Aimard - La Loi de Lynch, 1859.djvu/217

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gré lui, en était arrivé à écouter avec un plaisir dont il ne se rendait pas compte le verbiage décousu du ranchero.

— Voilà ma raison, reprit celui-ci. Don Valentin, ainsi qu’on le nomme, est assez brutal ; je ne suis pas en odeur de sainteté auprès de lui ; en sus, il était au milieu d’une foule de Comanches et d’Apaches plus coquins les uns que les autres ; bref, j’ai eu peur pour ma chevelure à laquelle j’ai la faiblesse de tenir, je me suis abstenu, craignant de retirer sans bénéfice les marrons du feu pour d’autres.

— Pas mal raisonné.

— N’est-ce pas, seigneurie ? Donc, pendant que je réfléchissais ainsi au parti que je devais prendre, une troupe d’une dizaine de cavaliers est arrivée je ne sais d’où à l’endroit où gisait à moitié mort ce pauvre diable de Cèdre-Rouge.

— Il est donc réellement blessé ?

— Oui, et assez dangereusement, j’ose le dire ; le chef de ces cavaliers se trouvait être justement un missionnaire français que vous devez connaître.

— Le père Séraphin ?

— Celui-là même.

— Qu’a-t-il fait ?

— Ce que, certes, je n’eusse pas fait à sa place ; il a emmené le Cèdre-Rouge avec lui.

— Oh ! je le reconnais bien là, ne put s’empêcher de dire le Blood’s Son. Et dans quel lieu a-t-il conduit le blessé ?

— Dans une caverne où je vous mènerai quand vous le voudrez.

— Tu ne mens pas ?

— Non, seigneurie.