Page:Aimard - La Loi de Lynch, 1859.djvu/218

La bibliothèque libre.
Sauter à la navigation Sauter à la recherche
Le texte de cette page a été corrigé et est conforme au fac-similé.


— C’est bien ; va dormir, tu peux compter sur ma promesse si tu m’es fidèle.

— Merci, seigneurie, soyez tranquille ; à défaut de dévouement, l’intérêt m’engage à ne pas vous tromper.

— C’est juste.

Le ranchero se retira. Une demi-heure plus tard il dormait ainsi que doit le faire tout honnête homme qui a la conscience d’avoir accompli un devoir.

Le lendemain, au point du jour, la troupe du Blood’s Son se mit en marche.

Mais dans le désert il est souvent fort difficile de rencontrer ceux que l’on cherche, à cause de la vie nomade que chacun est obligé de mener afin de subvenir à son existence, et le Blood’s Son, qui tenait avant toute chose à s’entendre avec Valentin et ses amis, perdit beaucoup de temps avant d’apprendre d’une manière certaine en quel endroit ceux-ci campaient.

Enfin, un de ses éclaireurs lui annonça que le Français était en ce moment retiré au village d’hiver de l’Unicorne.

Il se dirigea immédiatement de ce côté.

Dans l’intervalle, le Blood’s Son avait chargé Andrès Garote de surveiller toutes les démarches du Cèdre-Rouge, ne voulant pas tenter une démarche décisive avant d’avoir une certitude.

Rien ne lui aurait été plus facile que de se présenter au père Séraphin et d’exiger de lui qu’il remît le blessé entre ses mains ; mais ce moyen lui répugnait. Le Blood’s Son partageait le respect qu’inspirait à tous dans le Far West le saint missionnaire ; jamais il n’aurait osé lui demander de lui livrer son hôte, certain d’avance que celui-ci l’aurait péremptoirement