Page:Aimard - La Loi de Lynch, 1859.djvu/232

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Le squatter entendit le bruit de leurs pas derrière lui.

Il se retourna vivement.

— Cachez-vous, cachez-vous ! dit-il d’une voix rauque.

— Qu’y a-t-il donc ? demanda le moine en s’avançant curieusement.

D’un coup de poing dans la poitrine, le squatter l’envoya rouler au milieu de la salle.

— Ne m’avez-vous pas entendu ? fit-il avec colère. Mais quelque brusque qu’eût été le geste du Cèdre-Rouge, il ne l’avait pas été assez pour empêcher le moine de reconnaître l’arrivant.

— Ah ! ah ! fit-il avec un mauvais sourire, le père Séraphin ! Caspita ! si notre ami voulait se confesser, est-ce que je n’aurais pas suffi ? il n’avait qu’à me le dire, sans faire venir ce corbeau d’Europe.

Le Cèdre-Rouge se retourna comme si un serpent l’eût piqué ; il lança aux trois hommes un regard empreint d’une telle férocité que, malgré eux, instinctivement, ils reculèrent.

— Misérable ! s’écria-t-il d’une voix creuse et avec un geste terrible, je ne sais qui me retient de vous tuer comme un chien que vous êtes ! Au moindre mot que vous vous permettrez contre ce saint personnage, by God ! je vous écorcherai vif ! Cachez-vous, je le veux !

Subjugués par l’accent du squatter, les trois hommes sortirent de la salle sans répondre.

Dix minutes plus tard, le père Séraphin arrêtait son cheval et mettait pied à terre devant le jacal.

Le Cèdre-Rouge et sa fille vinrent le recevoir avec empressement.