Page:Aimard - La Loi de Lynch, 1859.djvu/238

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rageusement en route et recommençaient à gravir ces glaces éternelles dont les masses gigantesques se faisaient à chaque pas plus abruptes.

Ces hommes étaient-ils à la recherche d’une route praticable dans cet effroyable labyrinthe de montagnes dont les pics s’élevaient tout autour d’eux, à une hauteur immense, dans les régions glacées de l’atmosphère ?

Ou bien peut-être voulaient-ils, pour des raisons connues d’eux seuls, atteindre un endroit duquel ils pourraient découvrir un vaste point de vue.

Si tel était leur espoir, il ne fut pas trompé. Lorsqu’après des fatigues sans nombre ils arrivèrent enfin au sommet du pic qu’ils gravissaient, ils eurent tout à coup devant les yeux un paysage dont l’aspect grandiose les étonna et les atterra par son immensité sublime.

De quelque côté qu’ils dirigeassent leurs regards, ils étaient confondus par la majesté du panorama qui se déroulait à leurs pieds.

C’est que les montagnes Rocheuses sont d’étranges montagnes, uniques dans le monde, qui n’ont aucun point de ressemblance avec les Pyrénées, les Alpes, les Apennins et toutes ces magnifiques chaînes de monts qui, d’espace en espace, bossellent le vieux monde et de leur tête chenue semblent protester, au nom du Créateur, contre l’orgueil des créatures.

Les chasseurs planaient, pour ainsi dire, au-dessus d’un monde.

Au-dessous d’eux était la sierra de los Comanches, qui n’est qu’une seule et immense montagne entrecoupée de pics neigeux qui dévoilaient toutes leurs cavités sombres, leurs vallées profondes et imposantes,