Page:Aimard - La Loi de Lynch, 1859.djvu/246

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L’ulmen sourit doucement, et étendant le bras vers un aigle qui volait à peu de distance de l’endroit où se tenaient les chasseurs :

— Nous avons partagé, dit-il.

Le Français ne put retenir un cri d’admiration, tout lui était expliqué.

L’Araucan, auquel rien n’échappait, avait vu l’aigle, avait deviné qu’il avait des petits, et s’était introduit dans son aire pour dérober une partie de ses provisions, tandis qu’au sommet du pic, ses compagnons se laissaient presque aller à leur désespoir.

— Oh ! fit Valentin avec joie, c’est maintenant que nous sommes bien réellement sauvés, puisque nous allons reprendre les forces dont nous avons tant besoin pour mener à bien le projet que j’ai conçu ; suivez-moi, retournons à notre camp, mangeons gaiement le dîner dont, grâce au dévouement du chef, les aigles font tous les frais, et ce soir nous nous mettrons en route.

Réconfortés par ces bonnes paroles, les chasseurs s’élancèrent à sa suite, et la petite troupe redescendit allègrement cette montagne qu’elle avait gravie le matin avec tant de difficultés et le désespoir au cœur.


XXII.

El mal Paso.

Il ne fallut aux chasseurs qu’une heure à peine pour descendre cette montagne, qu’ils avaient mis près de huit heures à gravir.