Page:Aimard - La Loi de Lynch, 1859.djvu/250

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semblait nager dans un océan de vapeurs et répandait sur le paysage sa lumière mélancolique qui imprimait aux objets une apparence fantastique.

— Debout ! murmura sourdement Valentin en frappant tour à tour sur l’épaule de ses compagnons.

— Nous partons ? demanda le général Ibañez en étouffant un bâillement et se redressant, comme poussé par un ressort.

— Oui, répondit seulement le chasseur.

Bientôt chacun fut prêt à partir.

— En route ! reprit Valentin ; profitons de l’obscurité ; nos ennemis veillent sans doute autour de nous.

— Nous sommes à vos ordres, mon ami, répondit don Miguel.

D’un geste, le chasseur réunit ses compagnons autour de lui.

— Écoutez-moi bien, dit-il, car, avant de tenter l’audacieuse entreprise que j’ai conçue, je veux avoir votre complet assentiment. Notre position est désespérée : demeurer plus longtemps ici, c’est mourir ; mourir de froid, de faim, de soif et de misère, après avoir enduré je ne sais pendant combien de jours des souffrances intolérables ; vous en êtes bien convaincus, n’est-ce pas ?

— Oui, répondirent-ils d’une seule voix.

— Bien, reprit-il ; essayant plus longtemps de retrouver le chemin que nous avons perdu serait une tentative folle et qui n’aurait aucune chance de réussite, n’est-ce pas ?

— Oui, dirent-ils encore.

Le chasseur continua.

— Eh bien, fit-il, c’est une tentative aussi folle que je veux tenter en ce moment ; seulement, si cette